L’explosion du port de Beyrouth n’a pas été une simple catastrophe humanitaire. Elle a porté un coup douloureux à l’idée même du vivre-ensemble, à l’unité des Libanais et à l’entité libanaise. Cette tragédie a frappé tous les Libanais, quelles que soient leurs régions ou leurs appartenances confessionnelles, car la guerre, les explosions et les assassinats n’ont ni religion ni patrie : leurs victimes sont l’être humain et la nation.
En cette douloureuse commémoration, nous nous souvenons d’un jour noir dont la blessure demeure ouverte. Malheureusement, il est venu s’ajouter à une longue série de drames restés sans comptes à rendre et sans justice, tandis que les divisions entre les Libanais s’accentuent et que leurs crises s’aggravent.
Le peuple veut connaître la vérité, non seulement sur le crime de l’explosion du port, mais aussi sur l’ensemble des explosions, des assassinats, des crimes, des vols et des trahisons qui, jusqu’à aujourd’hui, demeurent enfermés sous le seul intitulé d’« enquête », sans résultat ni véritable reddition de comptes.
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Verrons-nous un jour un Liban fondé sur une citoyenneté véritable, plutôt que sur les seuls slogans ?
Verrons-nous les Libanais unis autour des intérêts de leur patrie, loin de toute influence ou ingérence extérieure ?
Et parviendrons-nous à bâtir un État de droit et d’institutions, plutôt qu’un État dominé par les personnes et les chefs ?
Construire un État juste et fort commence par l’amour de la terre et sa préservation, par l’amour de la patrie et sa défense, par le respect de la Constitution, de la loi et des institutions de l’État, et non par le culte des individus.
Puissions-nous faire de cette douloureuse commémoration un point de départ vers une patrie fondée sur la vérité, la justice et la responsabilité, une patrie qui rassemble tous ses enfants sous la bannière de la citoyenneté. Car le Liban n’a pas d’avenir sans justice, et il ne peut y avoir de justice sans vérité.
Fouad A. Salha
4 août 2026


