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Beaufort : le patrimoine libanais à nouveau menacé

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La forteresse de Beaufort, connue au Liban sous le nom de Qalaa al-Chaqif, se trouve au centre d’une opération israélienne dont les conséquences pourraient dépasser le cadre militaire. L’armée israélienne affirme avoir découvert dans la crête un vaste réseau souterrain attribué au Hezbollah et prépare sa destruction. Elle n’a toutefois publié ni étude géologique indépendante, ni cartographie complète des galeries, ni évaluation détaillée des risques pour le monument. Ce projet intervient alors que Beaufort, occupé par les forces israéliennes depuis la fin de mai 2026, porte déjà les traces de plusieurs guerres. Il s’inscrit aussi dans une séquence plus large d’atteintes au patrimoine libanais depuis octobre 2023. Des sites antiques, des marchés historiques, des sanctuaires, des cimetières et des villages anciens ont été endommagés ou détruits. Dans ce contexte, Beaufort apparaît moins comme un cas isolé que comme un nouveau test de la capacité du droit international à protéger les biens culturels pendant un conflit.

Beaufort face à une destruction préparée sans contrôle

L’armée israélienne décrit les galeries découvertes dans la crête de Beaufort comme un centre de commandement fortifié. Selon sa version, elles auraient servi au stockage d’armes, au logement de combattants et à la préparation d’attaques. Des médias israéliens ont également évoqué des espaces logistiques, des installations médicales et des équipements présentés comme iraniens.

Ces affirmations n’ont pas été vérifiées par une mission indépendante. Les images diffusées ont été sélectionnées par l’institution militaire qui occupe le secteur et prépare l’opération de destruction. Elles montrent des passages souterrains, mais ne permettent pas de localiser chaque galerie par rapport aux murs, aux tours et aux fondations de la forteresse.

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Cette incertitude est essentielle. Un tunnel situé directement sous le monument ne présente pas le même danger qu’une galerie creusée à plusieurs centaines de mètres. La profondeur, la largeur, la nature de la roche et la quantité d’explosifs déterminent aussi les conséquences d’un dynamitage.

Le ministère libanais de la Culture conteste la présence de tunnels directement sous les structures historiques. Il ne nie pas nécessairement l’existence de galeries dans le massif environnant. Les deux versions ne peuvent donc pas être départagées en l’absence d’un accès libre accordé à des experts libanais et internationaux.

Israël contrôle actuellement la zone et maîtrise les informations techniques. Il définit la menace, choisit la méthode de neutralisation et évalue lui-même les risques. Une telle concentration des responsabilités ne constitue pas une garantie crédible pour un monument placé sous protection internationale.

Le dynamitage de Beaufort n’est pas une formalité

L’existence éventuelle d’une infrastructure militaire ne rend pas automatiquement légitime sa destruction totale. Le droit des conflits armés impose une nécessité militaire, une proportionnalité et des précautions concrètes.

Plusieurs méthodes peuvent neutraliser une galerie. Les accès peuvent être fermés. Les armes peuvent être retirées. Certaines sections peuvent être comblées ou traitées séparément. Une surveillance peut aussi empêcher toute réutilisation.

Le dynamitage massif reste la solution la plus visible et la plus irréversible. Il produit des images fortes, utiles à la communication militaire. Il peut aussi provoquer des dégâts dont le coût patrimonial et financier sera ensuite supporté par le Liban.

Israël devrait donc expliquer pourquoi les méthodes moins destructrices seraient impossibles ou insuffisantes. Aucune démonstration publique n’a été fournie. L’armée israélienne affirme pourtant avoir inspecté le réseau et en avoir pris le contrôle.

L’urgence immédiate paraît dès lors difficile à établir. Une infrastructure vidée de ses combattants et de ses armes ne présente pas la même menace qu’une galerie utilisée pendant un affrontement. Le temps nécessaire à une expertise internationale pourrait être dégagé sans modifier profondément la situation militaire.

En procédant sans cette expertise, Israël ferait peser tout le risque sur le patrimoine libanais. Il transformerait une décision militaire unilatérale en dommage potentiel supporté par le territoire qu’il occupe.

Une forteresse déjà éprouvée par les guerres

Beaufort domine la vallée du Litani depuis un éperon rocheux. Sa position permet d’observer une grande partie du Liban-Sud et plusieurs axes de circulation. Cette valeur stratégique explique les occupations successives du site.

La forteresse actuelle rassemble des structures de plusieurs périodes. Ses murs, ses tours, ses salles voûtées et ses passages ont été construits, modifiés et réparés au fil des siècles. Les matériaux et les techniques ne présentent pas tous la même résistance.

Le site a subi les combats de la guerre civile, les bombardements israéliens et l’assaut de 1982. Israël l’a ensuite occupé jusqu’en mai 2000. Son armée avait installé une base, des bunkers et des ouvrages en béton à proximité des murs historiques.

Au moment du retrait, plusieurs installations militaires ont été détruites à l’explosif. Ces opérations ont laissé des traces dans le relief. Les conflits suivants ont continué à fragiliser l’ensemble.

Les opérations de 2026 ont ramené l’armée israélienne sur la crête. Des drapeaux israéliens ont été hissés sur la forteresse après sa prise. Ce geste a rappelé la précédente occupation et donné à l’opération une forte portée politique.

Le projet de dynamitage prolonge cette militarisation. Le monument reste traité comme une hauteur stratégique avant d’être considéré comme un bien culturel libanais.

Des risques géologiques impossibles à écarter

Une explosion souterraine transmet une partie de son énergie à la roche. Elle provoque des vibrations, des fractures et parfois des affaissements. Les effets dépendent de la puissance des charges, de leur profondeur et de leur répartition.

À Beaufort, les murs reposent sur un massif déjà creusé, bombardé et modifié. Des fissures anciennes peuvent s’élargir. Une voûte peut perdre une partie de sa stabilité. Des blocs peuvent se déplacer sans s’effondrer immédiatement.

Le danger ne se limite donc pas à une destruction spectaculaire. Des dommages internes peuvent apparaître plusieurs semaines ou plusieurs mois après l’explosion. L’eau pénètre alors dans les fissures et accélère la dégradation des mortiers.

L’effondrement d’une galerie peut également créer une cavité instable. Si elle se trouve près des fondations, le sol risque de se tasser de manière inégale. Quelques millimètres de déplacement suffisent parfois à fragiliser une maçonnerie ancienne.

Les projections de pierres, les poussières et les incendies constituent d’autres risques. Des munitions, des carburants ou des batteries pourraient se trouver dans le réseau.

Aucune étude publique ne permet de mesurer sérieusement ces scénarios. Israël n’a pas annoncé la pose de capteurs, le relevé préalable des fissures ou la présence d’archéologues durant l’opération.

Une protection renforcée qui engage Israël

Beaufort fait partie des biens culturels libanais placés sous protection renforcée provisoire par l’Unesco en novembre 2024. Ce statut correspond au niveau de protection le plus élevé prévu par le deuxième protocole à la Convention de La Haye.

Cette protection ne supprime pas toute possibilité d’action militaire. Elle impose cependant des conditions strictes. La nécessité doit être impérative et les précautions doivent être maximales.

Une puissance qui contrôle un site protégé doit éviter sa dégradation. Elle doit aussi faciliter l’intervention des autorités patrimoniales compétentes. L’occupation militaire ne suspend pas ces obligations.

Israël devrait donc autoriser une mission indépendante avant toute explosion. Des géologues, des ingénieurs et des archéologues pourraient établir une cartographie tridimensionnelle et fixer des seuils de vibration.

Le Liban devrait également recevoir les plans utiles. Sans ces données, il ne pourra pas attribuer les dommages futurs ni demander des réparations sur une base technique solide.

La responsabilité éventuelle du Hezbollah doit aussi être examinée. L’installation de structures militaires dans l’environnement d’un monument peut l’exposer à des attaques. Cette responsabilité ne libère toutefois pas Israël de ses propres obligations.

Une violation commise par une partie n’autorise pas l’autre à employer n’importe quel moyen. Israël doit toujours distinguer l’objectif militaire du monument et réduire les dommages prévisibles.

Depuis octobre 2023, un patrimoine exposé

Le cas de Beaufort s’inscrit dans un bilan beaucoup plus large. Depuis octobre 2023, les opérations israéliennes ont touché des sites historiques dans le sud du Liban, dans la Békaa et dans plusieurs centres urbains.

Aucun inventaire définitif n’est encore disponible. Des zones restent inaccessibles. Certains dommages n’ont pas été inspectés. Il faut donc distinguer les atteintes confirmées, celles signalées par les autorités libanaises et celles qui nécessitent encore une expertise.

En novembre 2024, l’Unesco a placé 34 biens culturels libanais sous protection renforcée provisoire. Cette décision a suivi l’intensification des frappes près de plusieurs sites majeurs.

Le ministère libanais de la Culture a depuis signalé une extension des dommages. Il affirme que les attaques israéliennes ont touché des vestiges antiques, des marchés, des sanctuaires et des villages anciens.

Les dégâts ne concernent pas seulement les monuments officiellement classés. Le patrimoine national comprend aussi les maisons traditionnelles, les cimetières, les places, les souks, les pressoirs et les paysages agricoles.

Tyr, entre vestiges antiques et quartiers historiques

Tyr constitue l’un des principaux foyers d’inquiétude. La ville abrite des ensembles phéniciens, romains et byzantins inscrits au patrimoine mondial.

Les frappes israéliennes ont touché plusieurs quartiers depuis 2023. Certaines explosions se sont produites près des zones archéologiques d’Al-Bass et d’Al-Mina.

Les autorités libanaises ont signalé des dommages sur des bâtiments anciens et dans l’environnement des vestiges. En 2026, une maison traditionnelle située près d’Al-Bass a été détruite. Des débris ont atteint l’entrée du site et endommagé des éléments antiques, selon les informations recueillies sur place.

Le ministre libanais de la Culture a demandé l’inscription de Tyr sur la Liste du patrimoine mondial en péril. L’Unesco a exprimé son inquiétude, sans encore établir un bilan exhaustif des dommages.

Le patrimoine de Tyr ne se limite pas aux colonnes romaines. Il comprend aussi son port, ses souks, ses maisons anciennes et son organisation urbaine. La disparition de bâtiments traditionnels altère donc la cohérence de l’ensemble.

Les évacuations répétées ont également perturbé la surveillance et l’entretien des sites. Un monument abandonné pendant plusieurs mois reste exposé au pillage, aux infiltrations d’eau et à la dégradation de ses structures.

Baalbeck sous la pression des bombardements

À Baalbeck, les frappes israéliennes de 2024 se sont rapprochées des temples romains. Le complexe monumental n’a pas été détruit, mais les explosions ont suscité une forte inquiétude parmi les autorités et les spécialistes.

Les colonnes, les blocs et les assemblages anciens restent sensibles aux vibrations. Les bombardements peuvent aussi endommager le tissu urbain historique qui entoure le site.

Des bâtiments de la ville ont été touchés. Les déplacements de population et les restrictions de circulation ont perturbé la surveillance et l’entretien du patrimoine.

Le cas de Baalbeck illustre une forme d’atteinte indirecte. Un monument peut rester debout tout en subissant des contraintes nouvelles. Les dommages ne sont pas toujours visibles immédiatement.

L’Unesco a inclus Baalbeck dans les biens placés sous protection renforcée. Cette mesure préventive a confirmé la gravité du risque, même en l’absence d’une destruction directe des principaux temples.

Nabatiyeh et la destruction du vieux souk

À Nabatiyeh, les frappes israéliennes ont atteint le centre-ville et le vieux souk. Des commerces, des bâtiments anciens et des structures traditionnelles ont été détruits ou endommagés.

Le souk représentait un lieu économique, social et mémoriel. Sa valeur ne dépendait pas seulement de l’ancienneté de chaque immeuble. Elle reposait aussi sur la continuité des métiers, des familles et des pratiques commerciales.

La frappe contre le bâtiment municipal a également affaibli la capacité locale à documenter les pertes et à organiser les premières interventions.

La reconstruction ne pourra pas se limiter au remplacement des structures détruites. Une architecture standardisée risquerait d’effacer les formes anciennes et l’organisation historique du marché.

La disparition des commerces touche aussi le patrimoine immatériel. Elle interrompt des habitudes, des échanges et une mémoire collective liée au centre de Nabatiyeh.

Chamaa, une citadelle fragilisée

La citadelle de Chamaa, dans le caza de Tyr, a subi des dommages signalés pendant les combats. L’Unesco a exprimé son inquiétude face aux atteintes rapportées.

Le site domine plusieurs villages du Sud. Comme Beaufort, il reste vulnérable aux vibrations, aux frappes proches et aux restrictions d’accès.

Les dégâts exacts nécessitent encore une inspection complète. Les murs, les structures intérieures et les abords archéologiques pourraient avoir été affectés.

L’impossibilité pour les équipes libanaises d’intervenir rapidement augmente le danger. Une fissure non stabilisée peut s’aggraver sous l’effet de la pluie et des variations de température.

Les dommages à Chamaa montrent aussi les limites de la protection juridique. Un classement international ne protège pas matériellement un monument lorsque les équipes chargées de sa conservation ne peuvent pas l’atteindre.

Mhaibib, un village ancien en grande partie effacé

La destruction de Mhaibib en octobre 2024 constitue l’un des épisodes les plus marquants. L’armée israélienne a fait exploser simultanément de nombreux bâtiments après avoir affirmé que le Hezbollah utilisait un réseau souterrain sous le village.

Les images diffusées ont montré l’effondrement d’une grande partie de la localité. Cette destruction a touché des habitations, des rues et un tissu urbain ancien.

Mhaibib abritait aussi un sanctuaire associé, selon la tradition locale, au prophète Benjamin. L’état exact du lieu nécessite encore une expertise indépendante.

La perte dépasse toutefois le seul sanctuaire. Un village historique constitue un ensemble composé de maisons, de chemins, de lieux religieux et de relations sociales.

Une reconstruction moderne ne peut pas restituer entièrement cette continuité. Même lorsque les habitants reviennent, la disparition du cadre bâti transforme durablement leur rapport au village.

Des villages frontaliers rasés ou défigurés

Les destructions ont touché de nombreuses localités proches de la frontière. Odaisseh, Kfar Kila, Aïta al-Chaab, Mays al-Jabal, Blida et Khiam comptent parmi les secteurs les plus atteints.

Tous les bâtiments détruits n’étaient pas officiellement classés. Beaucoup appartenaient néanmoins à un patrimoine rural ancien. Des maisons en pierre, des places, des cimetières et des lieux de culte ont disparu.

Amnesty International a analysé des images satellites et des vidéos prises notamment par des soldats israéliens. L’organisation a conclu que de nombreuses destructions avaient été menées alors qu’Israël contrôlait les secteurs concernés.

Son enquête porte sur la période allant du 1er octobre 2024 au 26 janvier 2025. Elle estime que plus de 10 000 structures ont été lourdement endommagées ou détruites dans le sud du Liban.

Dans les communes de Yarine, Dhayra et Boustane, plus de 70 % des structures auraient été gravement endommagées ou détruites. L’organisation estime que plusieurs opérations semblent avoir été menées sans nécessité militaire impérative apparente.

Amnesty International a documenté l’usage d’explosifs posés manuellement et de bulldozers. Ces moyens supposent un accès direct et une maîtrise du secteur. Ils ne répondent pas aux mêmes contraintes qu’une frappe menée au milieu d’un combat immédiat.

Israël affirme avoir visé des infrastructures du Hezbollah et pris des mesures pour réduire les dommages. Ces déclarations doivent être confrontées à des enquêtes menées localité par localité.

Les lieux de culte, sanctuaires et cimetières

Le ministère libanais de la Culture a signalé des dommages à plusieurs lieux de culte et sanctuaires du Sud. Des mosquées anciennes, des mausolées et des cimetières ont été touchés.

Ces espaces possèdent une valeur religieuse et historique. Les inscriptions funéraires permettent de retracer l’histoire des familles et des communautés.

Leur destruction entraîne une perte documentaire difficile à réparer. Elle touche aussi les pratiques collectives, les pèlerinages et les rites.

Des villages possédant une longue histoire religieuse ont été fortement endommagés. Dans certains cas, l’accès reste impossible, ce qui empêche de mesurer l’état des sanctuaires et des cimetières.

Les atteintes au patrimoine immatériel restent moins visibles. Le déplacement prolongé des habitants interrompt les fêtes, les marchés et les traditions liées aux villages.

Les oliveraies et les paysages culturels

Le patrimoine libanais comprend également des paysages façonnés par plusieurs générations. Les oliveraies, les terrasses agricoles et les chemins ruraux font partie de l’identité du Sud.

Dès octobre 2023, des organisations internationales ont documenté l’utilisation par Israël de phosphore blanc dans des zones rurales proches de la frontière.

Les incendies et les contaminations ont affecté des terres agricoles. Des oliviers anciens ont brûlé ou ont été rendus inaccessibles à leurs propriétaires.

Les bulldozers employés pendant les opérations terrestres ont également modifié des parcelles et des chemins. La destruction d’un paysage agricole ne se répare pas au même rythme qu’un bâtiment.

Un olivier ancien nécessite plusieurs décennies pour atteindre sa maturité. Sa perte touche l’économie familiale, mais aussi une tradition agricole et une mémoire locale.

Une succession de dommages qui exige une enquête

Les autorités libanaises accusent Israël de s’en prendre à l’identité historique du pays. Cette accusation grave doit être examinée avec méthode et sur la base de preuves accessibles.

Il faut distinguer les frappes ayant directement atteint un monument, les dommages provoqués par des explosions proches, les destructions de villages et les opérations menées après la prise de contrôle d’une zone.

Les destructions réalisées à l’aide d’explosifs posés manuellement soulèvent des questions particulières. Elles supposent un accès au bâtiment et une maîtrise du secteur. Elles peuvent donc être planifiées, interrompues ou remplacées par d’autres moyens.

Le projet de dynamitage de Beaufort doit être examiné sous cet angle. Israël contrôle les galeries qu’il veut détruire. Il dispose du temps nécessaire pour étudier une méthode moins dommageable.

Une enquête internationale devrait recenser les sites touchés depuis octobre 2023. Elle devrait réunir les images satellites, les archives municipales, les témoignages et les relevés architecturaux.

Ce travail doit commencer avant la reconstruction. Les gravats contiennent parfois des pierres, des inscriptions ou des éléments permettant de comprendre l’histoire du bâtiment.

Sans inventaire préalable, les travaux risquent de faire disparaître les dernières traces. La reconstruction pourrait alors achever la perte commencée par les bombardements.

Beaufort, un test pour la protection du patrimoine libanais

Le Liban devrait demander une mission urgente de l’Unesco et d’organismes spécialisés. Cette mission devrait accéder à la forteresse et aux galeries concernées.

Elle devrait établir l’état des murs, cartographier les cavités et poser des capteurs. Elle pourrait ensuite recommander un traitement par sections, le comblement de certaines galeries ou la fermeture de leurs accès.

Israël devrait publier la quantité d’explosifs prévue et le périmètre de sécurité. Il devrait informer les municipalités voisines et permettre la présence de services de secours libanais.

Les risques concernent aussi Arnoun et les localités proches. Les vibrations peuvent affecter des maisons déjà endommagées. Des chutes de pierres peuvent bloquer les routes et menacer les habitants.

L’absence de coordination transformerait l’opération en décision imposée aux populations locales. Elle renforcerait le sentiment que leur sécurité et leur patrimoine restent subordonnés aux objectifs militaires israéliens.

Le choix qui se présente est précis. Israël peut accepter une expertise indépendante et démontrer que le dynamitage constitue réellement un dernier recours. Il peut aussi agir seul, sans contrôle extérieur, au risque d’ajouter Beaufort à la liste des sites libanais endommagés depuis octobre 2023.

La prochaine étape dépendra de l’accès accordé aux experts, de la publication des données techniques et de la décision prise sur les charges. Tant que ces garanties n’existent pas, le dynamitage annoncé reste une opération opaque, contestable et potentiellement irréversible.

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